On assiste aujourd’hui à une remise en question des spécificités voire de la pertinence du référentiel psychanalytique en psychologie clinique, et à une dilution corrélative de la notion de clinique elle-même. La diversification de ce qui est devenu un marché des psychothérapies impose en effet de se recentrer sur la rencontre clinique et de penser comment le paradigme psychanalytique en psychologie permet de l’appréhender et de la travailler.
La spécificité de ce paradigme tient à ce qu’il continue encore aujourd’hui à soutenir le caractère asymétrique de l’échange déployé dans la rencontre – asymétrie qui conditionne le déploiement du transfert et des formations de l’inconscient qui l’accompagnent. Car ce dont il s’agit au fond pour le sujet, à l’occasion de la rencontre avec un thérapeute toujours singulier, c’est de venir à la rencontre de son propre inconscient, lieu par excellence de l’altérité – comme dans l’amour, qu’André Breton définissait comme « rencontre avec quelqu’un qui nous donne des nouvelles de nous-même ».
Une série de questions ouvertes s’ensuivent. Que peut signifier une rencontre thérapeutique référée à la psychanalyse aujourd’hui – notamment à une époque où se multiplient les références au paradigme dit “intégratif” souvent présenté comme une boîte à outils adaptée à la singularité du patient ? Comment la diversité des configurations subjectives mais aussi sociales et culturelles exigent-elles de penser les conditions de possibilité d’une rencontre, du côté des dispositifs et médiations thérapeutiques mais aussi des métacadres dans lesquels ceux-ci s’insèrent ? De quelle manière les savoirs ou discours additionnels engagés dans une rencontre peuvent-ils être mis en perspective ou subvertis pour maintenir sa possibilité ? On peut penser aux contextes cliniques où des problématiques à une dimension organique (démence, etc.), ou bien des difficultés pour mobiliser les moyens de communication usuels, doivent être prises en compte sans obérer l’échange interpsychique qui conditionne tout effet thérapeutique. Ou à la virtualisation de l’interlocuteur, depuis l’explosion de l’utilisation de l’IA par les patients jusqu’à la tentation du remplacement total des thérapeutes par des chatbots.
Programme
Vendredi 9 octobre 2026
Matin : Plénière
Amphithéâtre Viaud à la faculté de psychologie (entrée par le jardin ou par le 12, rue Goethe)
La rencontre clinique : points de vue analytiques et intégratif
La Rencontre clinique dans une perspective psychanalytique aujourd’hui
par François RICHARD
Manier les outils et rendre possible la rencontre
par Benoît VERDON
L’obsession de l’efficacité dans la rencontre thérapeutique. Perspective intégrative.
par Maximilien BACHELART
Après-midi : Sessions parallèles
Pavillon Théodule Ribot à la faculté de psychologie (entrée par le jardin de la faculté).
La rencontre et le groupe
animation : N. BAHI
avec : C. VOLLON & & M. LAROCHE-JOUBERT, R. RIAND, P. DRWESKI
La rencontre et le virtuel
animation : O. PUTOIS
avec : T. RABEYRON, R. BAILLY? 3ème participant en voie de détermination
Le poids du savoir dans la rencontre
animation : J.NICOLAS
avec : M.ROTH, P.COTTI
Samedi 10 octobre 2026
Matin : Plénière
Amphithéâtre Viaud à la faculté de psychologie (entrée par le jardin ou par le 12, rue Goethe)
Regards croisés des paradigmes sur un épisode d’”En thérapie”
avec :
Un.e Psychologue clinicienne & psychothérapeute TCC (U. de Louvain).
Charlotte COSTANTINO, Psychologue clinicienne & Psychanalyste SPP
Nathalie Duriez, Psychologue systémicienne, Professeure à l’Université Paris VIII
Après-midi : Sessions parallèles
Pavillon Théodule Ribot à la faculté de psychologie (entrée par le jardin de la faculté).
Trouvailles et inventions cliniques
animation : G. VISENTINI
avec :F. GABARRON-GARCIA, V. RAJKUMAR, A. BLANC
La rencontre en contexte de difficultés de communication
animation : C. BRÉHAT
avec :D. MAZÉAS, A. LEDRAIT, C. DAYAN


